[Discours de Jean-Luc Trachsel en l’honneur de Carlos Payan lors de la cérémonie commémorative à l’église de La Madeleine]
Le moment où j’ai appris ton départ pour la cité céleste mon cœur s’est brisé et mon esprit a été profondément touché. J’ai pleuré nuits et jours ne pouvant pas y croire et pourtant… tu es bien parti auprès de notre Dieu.
C’est avec le cœur lourd mais rempli de gratitude que je me tiens ici, pour te parler, te rendre hommage, et te dire à quel point tu me manqueras.
Tu as été un très cher ami que toute ma famille aimait tant, mais aussi un compagnon si proche dans le ministère et ceci depuis plus de 20 ans. Dès notre première rencontre, lors de la première Conférence de l’AIMG à Oron-la-Ville en Suisse, notre connexion était spéciale. Tu traversais alors un moment difficile, un désert de l’âme, et pourtant, c’est là, au milieu de la douleur, que Dieu t’a appelé à quelque chose de plus grand encore : aller à Paris et fonder Paris Tout est Possible. C’était le début de notre amitié profonde et d’un partenariat étroit entre nos deux ministères jumeaux.
Carlos, nous étions différents, si différents ! Parfois comme le jour et la nuit. Mais ces différences n’ont jamais été des obstacles et jamais nous nous sommes disputés. Elles ont même enrichi notre amitié, elles ont renforcé ce lien spécial que nous avions pour annoncer ensemble l’Evangile à cette génération.
Nous avons partagé des souvenirs inoubliables, des fous rires et des moments de pleurs intenses, des voyages à travers le monde notamment en francophonie, des conférences, des écoles de guérison, des milliers de personnes touchées par l’Esprit, des malades guéris, des cœurs restaurés.
Et on avait plein de projets en commun dont la coalition des revivalistes mais aussi la joie d’avoir finalement accepté de venir avec moi en Espagne où un réveil est en train de débuter et à d’autres endroits en Europe. Tu souhaitais venir avec moi dans une de nos campagnes au El Salvador et tu préparais entre autres le terrain voulant m’amener en mission à Madagascar et l’Ile de la Réunion. Et bien entendu, tu te réjouissais de cette conférence de Gloire & Réveil à MLK où tu percevais que quelque chose de grand allait se passer. Aujourd’hui tu es dans cette Gloire et nous prions que ces prochains jours nous allons pouvoir y gouter abondamment.
Carlos tu as été un homme d’unité et un homme de réveil avec une foi brûlante et un courage qui te caractérisait, ne reculant devant rien quand il s’agit de l’œuvre de Dieu. Ta faim et ta soif spirituelles, malgré les défis parfois si difficiles de la vie, étaient inextinguibles.
Tu m’as défendu de nombreuses fois indépendamment de tes intérêts.
Tu avais la crainte de Dieu et tu as confronté à bien des endroits la vérité avec amour. Tu n’avais pas peur de bousculer les frontières. Tu t’es levé, prêt à payer le prix pour que l’Évangile touche les cœurs de tous, sans distinction. Catholiques, évangéliques, protestants, luthériens, orthodoxes, juifs messianiques, petits et grands – riches et pauvres – tu nous as tous appelés à s’unir, à travailler ensemble, pour annoncer un Christ vivant, un Christ qui guérit encore aujourd’hui.
Tu portais en toi le rêve d’un réveil, et ce rêve est devenu le nôtre.
Et l’an passé, quand je t’ai parlé de cette école de réveil que Dieu me demandait de lancer à Paris, tu m’as accueilli avec une telle bienveillance. Même si tu m’avais dit que tu ne pourrais pas être là souvent, tu étais finalement présent, presque chaque mois, avec cette étincelle dans les yeux. Tu as été là pour nous tous, Carlos, pour les 1100 étudiants venus de toute la France et de 14 pays européens, pour goûter ensemble aux prémices de ce réveil qui a commencé et que tu as porté dans ton cœur.
Puis, il y a eu cette dernière conversation, juste quelques heures avant que tu ne partes. Tu te souviens ? Alors que je te faisais part des durs combats, des oppositions dont je faisais face…, tu m’as dit que Dieu m’appelait, comme Josué, à affronter ces géants et à conquérir cette terre promise qu’Il nous donnait. Tes mots résonnent encore en moi, Carlos, comme une promesse que tu as laissée en héritage.
Ton héritage, crois-le, vivra en chacun de nous. Nous ne laisserons pas tomber ce manteau du Saint-Esprit pour l’unité des chrétiens et pour le réveil.
Je veux que tu saches combien je te suis reconnaissant, combien ces vingt années à marcher ensemble ont été pour moi un trésor inestimable.
Tu es parti bien trop vite. Tu as combattu ce bon combat de la foi et ta course est achevée et mille mercis de l’avoir terminée tellement bien … entendant Notre Dieu te dire « Bon et fidèle serviteur rentre dans la joie de ma demeure ».
Carlos je t’aime profondément.
Repose en paix ! et je me réjouis de te revoir tout bientôt dans cette GLOIRE DE DIEU !
Pour toi Agnès, tes enfants et petits enfants, je vous aime de tout mon coeur et je prie pour vous et reste à votre disposition en tout temps pour toute aide nécessaire. Le Dieu de Carlos que nous servons est le Dieu qui prend soin de la veuve et des orphelins. Il va prendre soin de vous et jamais Il ne va vous abandonner. Quant à nous qui sommes présents c’est le moment ces prochaines temps, pas seulement aujourd’hui, de prendre soin d’Agnès et de ces enfants et de les soutenir de la manière dont nous le pouvons et dont Dieu nous le montrera.